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Zofia Hertz
Biographie
Pisarka née le 27 février 1910 à Varsovie mort le 20 juin 2003 à Maisons-Laffitte

Ses parents - Ludwik Neuding et Helena Nisenson - divorcent peu de temps après la naissance de leur fille. Elle est élevée par sa mère.  Zofia commence sa scolarité dans l'institution privée de Janina Popielowska et de Joanna Zdzieniecka à Varsovie.

Après la mort de sa mère, en décembre 1921, elle déménage à Łódź, où, après avoir vécu chez sa tante, elle loge dans  des chambres en ville. Elle continue sa scolarité au Collège-Lycée des filles appartenant à Roma Konopczyńska-Sobolewska. Juste avant le bac, le 5 mai 1928, elle se fait baptiser à l'Eglise Saint-Joseph à Łódź, par le père Stanisław Wilk. Maria Lazińska et Miron Lewandowski sont ses parrains.
En 1928 elle entame des études de droit à l'Université de Varsovie,  où elle vit chez la sœur de sa mère. Elle arrête ses études après la première année pour des raisons financières et rentre à Łódź. Elle y travaille au cabinet du notaire Apolinary Karnawalski auprès du Tribunal de Łódź. Grâce à son application au travail et après avoir effectué la formation nécessaire, elle se présente au concours de notaires, le passe avec succès et devient la première lauréate femme à la fonction de notaire. Des journaux de Łódź Kurier Łódzki  (Courrier de Lodz)  et Głos Poranny (Voix du Matin) notent cet événement.
Finalement, des modifications de lois l'empêchent d'obtenir le titre de notaire, mais elle continue à travailler au cabinet notarial.
En début de 1938 elle fait la connaissance de Zygmunt Hertz. Ils se marient le 11 février 1939 à l'Eglise de l'Exaltation de la Croix à Łódź.
Les jeunes mariés passent leurs dernières vacances avant la deuxième guerre mondiale à Jastarnia et Jurata, sur la presqu’île de Hel. Ils rentrent à Łódź le 24 août, suite à la mobilisation générale et à la convocation au service militaire reçue par Zygmunt.

La guerre, la déportation, l'armée

Zofia passe les premiers mois de la guerre à Łódź, chez son beau-père, bientôt arrêté par la Gestapo. Son mari part en mission militaire dans l'est de la Pologne. Elle va à sa recherche, passe par Lwów et rejoint Zygmunt à Stanisławów.  Le couple est arrêté par La NKWD  á Lwów et condamné à la déportation dans la république soviétique autonome de Maris. Dans le camp de Tsinglok ils travaillent à l'abattage des arbres. Suite aux accords Sikorski-Maïski, signés le 30 juillet 1941, ils sont libérés et en septembre réussissent à rejoindre l'Armée Polonaise en URSS, en formation à Bouzoulouk. Zofia Hertz travaille en tant que dactylo à la rédaction du journal Orzeł Biały (Aigle Blanc), puis au Département de l'Information et de l'Education de l'Armée Polonaise de l'Est. L'été 1942, elle commence à collaborer avec Joseph Czapski qui dirige le Département en question. A la mi-août 1942 elle est évacuée avec l'Armée au Moyen Orient. Début 43 elle se trouve au Caire à la rédaction du journal Parada (La Parade). Au printemps 1943, alors que son unité stationne dans le désert de Quizil en Irak, Zofia Hertz fait la connaissance de Jerzy Giedroyc qui dirige le Département des Périodiques et Editions. De cette époque date leur étroite collaboration. En décembre 43, elle est nommée Public Relation Officer (PRO). En mars 44, après la création du 2ème Corps Polonais au sein de l'Armée Polonaise de l'Est, elle débarque en Italie en passant par l'Egypte. Séparée de Joseph Czapski et de Jerzy Giedroyc, elle travaille à Ancône au Bureau des Economies des soldats du bassin méditerranéen. Puis elle est à Rome, au Département de la Culture et de la Presse ; enfin elle travaille comme dactylo dans la rédaction de Dziennik Żołnierza Armii Polskiej na Wschodzie (Journal de Soldat de l'Armée Polonaise de l'Est) à Florence et plus tard à Bologne.

L'Institut Littéraire

Zofia Hertz appartient à l'équipe qui, en février 1946 à Rome, fonde l'Institut Littéraire.  En mars elle commence à travailler au secrétariat de l'Institut. En 1947 l'Institut déménage en France, Zofia et son mari Zygmunt vivent désormais en compagnie de Jerzy Giedroyc ainsi que de Joseph Czapski et de sa sœur Maria, à Maisons-Laffitte, d'abord avenue Corneille, puis avenue de Poissy. Elle y devient la maitresse de maison, en plus d'être administratrice, comptable, rédactrice de la rubrique l'Humour du pays dans Kultura (entre 1962 et 1992), traductrice et correctrice.
Après la mort de Jerzy Giedroyc elle prend les rênes de l'Institut. En octobre 2000 c'est elle qui est éditrice du numéro 637 de Kultura, le dernier. Elle poursuit l'édition des Cahiers Historiques. Décorée de la croix de l'Ordre Polonia Restituta, la deuxième plus haute décoration civile polonaise, lauréate du Prix des éditeurs du PEN Club polonais en 2000. L'année suivante le Maire de Maisons-Laffitte la décore de la Médaille d'Or de la Ville.

Elle n'a jamais demandé la nationalité française, gardant son statut de réfugiée politique obtenu en 1948. 
Zofia  Hertz décède le 20 juin 2003 à Maisons-Laffitte. Elle est enterrée au cimetière du Mesnil-le-Roy aux côtés  de son mari et de d'autres fondateurs de l'Institut Littéraire Kultura.  
 

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