Logo du portail Kultura Paryska 19 novembre 2017
DES HOMMES
Józef Czapski

Les années les plus importantes

1896 Le 3 avril, naissance à Prague de Józef Czapski, fils de Jerzy et de Józefa, née Thune. Il passe les premières années de sa vie dans la propriété familiale à Przyłuki, près de Minsk.
1915 Entame des études de droit à l'Université de Saint-Pétersbourg.
1917 Czapski se retrouve dans le Corps des cadets de Saint-Pétersbourg, puis s'engage dans le Premier régiment d’Ulhans de Krechowce.
1918 Quitte l'armée après avoir déclaré aux autorités militaires sa volonté de servir sans armes. Il est chargé de retrouver les officiers disparus de son régiment. Czapski constate qu'ils ont été fusillés par les bolcheviques.
1919/1920  Sert dans le train blindé. Participe à l'expédition militaire sur Kiev.
Décoré de l'ordre de la Croix de Virtuti Militari, promu au grade de sous-lieutenant. S'inscrit à l'académie des Beaux-Arts de Cracovie.
1923 Fonde, avec quelques amis peintres, un groupe d’artistes nommé Komitet Paryski (Comité de Paris dit « les kapistes »).
1924 Part à Paris avec d'autres membres du groupe.
1926 Fait la connaissance d'André Malraux, François Mauriac, Jacques Maritain.
1930 Expose avec les kapistes à la Galerie Zak à Paris. Voyage en Espagne.
1931 Exposition des kapistes à la Galerie Moos à Genève et au Club d'artistes polonais Polonia à Varsovie.
1932 Expose à la Galerie Vignon à Paris. Retour en Pologne.
1933 Czapski travaille sur le livre consacré au philosophe russe Rozanov, livre qui restera inédit.
1935 À Paris, il écrit un livre sur le peintre Józef Pankiewicz.
Fait la connaissance de Czesław Miłosz. Participe à l'exposition " Salon 35 " à Poznan.
1936 Expose ses dessins à Varsovie. Publication de son livre, Człowiek i dzieło (Józef Pankiewicz. Homme et œuvre).
1938 Exposition personnelle à l'Institut de propagande de l'art (IPS) à Varsovie. Exposition collective au pavillon polonais à l'Exposition internationale de Peinture, Carnegie Institute, à Pittsburgh aux USA.
1939 Mobilisé, il rejoint Le 8ème régiment des Ulhans à Cracovie. Capturé par l'Armée rouge, il est interné à Starobielsk.
1940 Czapski est transféré de Starobielsk  au  camp de  Grazovetz.
1941 Apres les accords Sikorski-Maïski, il est libéré du camp et rejoint les Forces Armées Polonaises en URSS où il est nommé chef du Bureau des recherches des officiers et des soldats disparus en Russie soviétique.
1942 Dépose un mémorial sur les disparus. Nommé chef du Département de la Propagande et de l'Information auprès de l'Etat Major de l'Armée Polonaise de l'Est. Il est l'un des derniers à quitter l'URSS pour aller à Mechhed, en Iran. Commence à rédiger son  livre "Terre Inhumaine".
1942/43  Avec l'Armée du General Anders, quitte l'Iran, traverse l'Irak, la Palestine et l'Egypte, et débarque en Italie.
1944 Campagne d'Italie. Promu major, il devient chef de la Propagande et de la Culture. Publication de son livre Wspomnienia Starobielskie (édition française, Souvenirs de Starobielsk, éd. Noir sur Blanc, 1987).  
1945/1947 Dirige à Paris la représentation  du Deuxième Corps du General Anders.
1947 En juin parait à Rome le premier numéro de Kultura. Czapski y publie son essai écrit après la  mort de Pierre Bonnard. S'installe avec sa sœur Maria, et l'équipe de Kultura arrivée d'Italie, dans une maison de l’avenue Corneille à Maisons-Laffitte.
1948 Démobilisé à Calais.
1949 L'Institut Littéraire installé  à Paris, publie son livre Na nieludzkiej ziemi, qui parait également en français, traduit par Maria Adela Bohomolec et l'auteur (réédition française de "Terre Inhumaine", éd. L'Age d'Homme, 1991).
1950 Voyage en Amérique où il est allé faire des conférences et, à cette occasion fait la promotion et quête pour Kultura. Participe, en juin avec Jerzy Giedroyc, à  la réunion fondatrice du Congrès pour la liberté de la culture, à Berlin.
1951 Galerie Motte à Genève - sa première exposition après la guerre.
1952 Expositions : Paris, Galerie Bénézit ; Londres, Grabowski Gallery.
1954 Emménage avec l'équipe de Kultura dans la maison Avenue de Poissy, à Maisons-Laffitte. Expositions : Londres, Grabowski Gallery et Paris, Galerie Bénézit.
1955 Exposition au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Voyage en Amérique du Sud ou il rencontre Witold Gombrowicz. Exposition à Rio de Janeiro.
1956  Exposition à Amiens et à Londres, Grabowski Gallery.
1957 Exposition au Musée National de Poznan et au TPSP (Société des Amis des Beaux-Arts), à Cracovie.
1960 L’Institut Littéraire publie ses essais sur l'art intitulé Oko (édition française : "L'œil, essais sur la peinture", éd. L'Âge d'Homme).
Exposition à la Grabowski Gallery à Londres.
1961  Exposition à la Sagittarius Gallery à New York et à la Galerie Bénézit à Paris.
1962 Exposition à Toronto.
1964 Exposition à la Grabowski Gallery à Londres et à la Galerie Bénézit à Paris.
1965 Rencontre avec la poétesse russe Anna Akhmatova à Paris. Prix de la Fondation Jurzykowski à New York.
1966 Publie dans Kultura " des pages arrachées ", extraites de son journal commencé pendant son internement au camp au Starobielsk. Exposition à la Galerie Desbriere à Paris et à la Galerie Motte à Genève.
1967 Exposition à la Galerie Desbriere à Paris.
1968 Exposition à la Grabowski Gallery à Londres.
1969 Publication à Londres  de "Terre Inhumaine" en édition revue et augmentée.
1970 Expositions  à la Grabowski Gallery à Londres et la Galerie Desbriere à Paris.
1971 Exposition rétrospective à la Galerie Motte à Genève.
1972 Prix Littéraire de la Fondation Godlewski à Zurich. Exposition à la Galerie Motte à Paris.
1974 Une monographie de Czapski écrite par Murielle Werner-Gagnebin, "Czapski, la main et l'espace", est publiée à Lausanne.
1975 Exposition à la Librairie Galerie Galaxie à Paris.
1976 Exposition à Chexbres, Suisse, à la Galerie Plexus appartenant à Barbara et Richard Aeschlimann.
1977 Exposition à la Galerie Dédale à Genève et à la Librairie-Galerie Galaxie à Paris.
1978 Exposition à la Galerie Briance à Paris. Les éditions clandestines Nova publient en Pologne "Souvenirs de Starobielsk".
1981 Mort de sa sœur  Maria. L’Institut Littéraire publie son recueil d'essais Tumult i widma (éd. française "Tumulte et spectres", Les éditions Noir sur Blanc, 1991). Exposition à la Galerie Briance à Paris.
1983 Les éditions catholiques  Znak de Cracovie publient un choix d'essais de Czapski  sous le titre Patrząc (En regardant), choix et postface Joanna Pollakówna.
1985 Ses dix tableaux sont présentés à la Biennale de Paris.
1986 Publication par les éditions Oficyna Literacka de Cracovie d'un recueil de ses textes Dzienniki, wspomnienia, relacje (Journaux, souvenirs, relations) sous la direction de Joanna Pollakówna et Piotr Kłoczowski. Exposition au Musée Archidiocésain de Varsovie.
1990 En Pologne, première édition officielle de "Terre Inhumaine" (éd. Czytelnik). Expositions au Musée Archidiocésain de Varsovie, à la Galerie BWA de Nowy Sącz et  à la Galerie Kordegarda à Varsovie. Une grande exposition rétrospective au Musée Jenisch à Vevey en Suisse. Les éditions  Znak publient sous la direction de Jan Zieliński,  un volume de ses essais intitulé Czytając (En lisant).
1991 Exposition Dziennik Józefa Czapskiego (Journal de Joseph Czapski) au Musée National de Poznan.
1992 Exposition " Jozef Czapski - Peinture des collections suisses",  aux Musées Nationaux de Cracovie, de Poznan et de Varsovie. Attribution du titre de Professeur d'Honneur à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie.
1993 Le 12 janvier Joseph Czapski meurt à Maisons-Laffitte. Il est enterré au cimetière du Mesnil-le-Roi.

Józef Czapski
Biographie
né le 3 avril 1896 à Prague mort le 12 janvier 1993 à Maisons-Laffitte
Pseudonymes : Marek Sienny, J. Cz.

Peintre, essayiste, connaisseur et critique d’art, officier de l’Armée Polonaise. L’un des auteurs les plus importants de Kultura. Descendant de la famille des comtes Hutten-Czapski. Fils de Jerzy Czapski et de Józefa née Thun-Hohenstein.


Jeunesse
Il passe les premières années de sa vie, avec sa nombreuse fratrie, dans le manoir familial à Przyłuki, sur le territoire de la Biélorussie actuelle. Il fait ses études secondaires à Saint-Pétersbourg au Lycée n° XII, puis s’inscrit à la faculté de droit de la même ville. Pendant la première guerre mondiale il rejoint le Premier régiment d’Ulhans de Krechowce qu’il quitte en raison de ses idées pacifistes. Néanmoins, on le charge de déterminer le sort de ses camarades de régiment, captifs polonais aux mains des bolchéviques, vus pour la dernière fois à Saint-Pétersbourg. Il constate qu’ils ont été fusillés. En 1920 il participe à la guerre polono-bolchévique durant laquelle il dirige une petite unité.
Après la Grande guerre il entame des études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie dans l’atelier de Józef Pankiewicz. En 1923 il est co-fondateur d’un groupe artistique appelé Komitet Paryski (Comité de Paris) qui se chargera, entre autres, de trouver du soutien matériel pour des artistes qui veulent séjourner à Paris, la capitale des arts à l’époque. Plus tard il répétera souvent que, parti avec de l’argent pour six mois, il y restera six ans. La France devient sa deuxième patrie, il y fait la connaissance de nombreux intellectuels, il parle bien le français. Puis il rentre en Pologne, à Varsovie, et participe activement à la vie culturelle. Il peint et écrit, aussi bien des textes théoriques que des critiques de livres et d’expositions. 


 
Terre inhumaine
Le 27 septembre 1939 il est capturé par les soviétiques. Il se retrouve dans le camp de Starobielsk, tombe malade, et est transféré à Grazovetz. Grâce à l’ensemble de ces hasards il fait partie des 450 officiers polonais qui survivent au massacre de Katyn.  
En 1942, après l’amnistie, il est libéré et peut rejoindre l’Armée du général Anders. On le charge d’une mission qui ressemble à celle de 1918 – retrouver ses camarades des camps soviétiques. Son livre Na nieludzkiej ziemi  publié par l’Institut Littéraire en 1949 (édité en français en 1991 sous le titre de « Terre inhumaine ») est un questionnement sur le destin des 20 000 officiers polonais détenus dans les camps soviétiques. Après ces recherches, en partie infructueuses, il est nommé chef du Département de la Propagande et de l’Information, par le général Anders.


 
Dès le premier numéro
Au cours de ce travail il rencontre pour la première fois Jerzy Giedroyc. Le peintre devient l’un des amis les plus chers et les plus importants du Rédacteur. Son rôle majeur dans l’Armée d’Anders lui permet de soutenir l’Institut Littéraire au début de ses activités. A Paris, Czapski est responsable de la représentation du Deuxième Corps de l’Armée Polonaise et du Ministère de l’Information du gouvernement polonais à Londres; sa responsabilité à ces différents postes lui donnera la possibilité de récupérer une villa désaffectée à Maisons Laffitte pour y installer le premier siège de l’Institut Littéraire. 
Il collabore à la revue dès son premier numéro. Pendant des années il est l’un des plus précieux soutiens de la rédaction. C’est un grand connaisseur de peinture et de littérature, vivement intéressé par la vie culturelle, et c’est à ces sujets qu’il consacre ses textes. A partir du deuxième numéro de Kultura, il entame la publication de fragments de ses souvenirs des camps soviétiques sous le titre Na nieludzkiej ziemi (Terre inhumaine).
 

Grand quêteur
Par deux fois il sauve la situation financière de l’Institut Littéraire, en 1949, puis en 1955. En 1949 Czapski, le grand quêteur, se rend au Canada et aux Etats-Unis où il prononce des conférences sur le massacre de Katyn et recueille des fonds pour Kultura.
Il publie les réflexions de ce voyage dans un cycle de textes intitulé Notatki Amerykańskie (Notesd’Amérique). La deuxième escapade, en Amérique du Sud, permet d’augmenter le nombre d’abonnements auprès de la diaspora polonaise. Son efficacité rend possible le déménagement et l’installation de l’Institut dans son propre siège.
 

Écrivain et ami
Dans  Kultura  il publie ses essais. Dans la collection la « Bibliothèque de Kultura », paraissent : Oko (L'œil), essais sur la peinture, édition française à L'Age d'homme 1982, Tumult i widma (Tumulte et spectres), édition française en 1991, chez Noir sur Blanc, essais en trois volumes, puis une nouvelle édition de Na nieludzkiej ziemi (Terre inhumaine). Même s'il n'est pas engagé directement dans la rédaction de la revue, Czapski est un personnage extrêmement important au sein de l’Institut. Giedroyc l'appelle "son ministre des affaires étrangères", car il maitrise parfaitement le français, l'allemand et le russe, et a le don de gagner la sympathie et l'intérêt de ses interlocuteurs. C'est grâce à lui que les rédacteurs inconnus du grand public peuvent collaborer avec André Malraux, à l'époque ministre de la culture, ou encore avec James Burham, et publier leurs textes en polonais. Il est tout le temps présent à Maisons-Laffitte. Proche de sa sœur Maria, Czapski loge jusqu'à la fin de sa vie dans une chambrette à l'étage de la maison de Kultura, chambrette qui lui sert à la fois d’atelier et de chambre à coucher.

RETOUR VERS LE HAUT DE LA PAGE »