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Les années les plus importantes

27 juillet 1906 Naissance à Minsk Litewski de Jerzy Giedroyc, l'ainé des trois fils d'Ignacy Giedroyc et Franciszka, née Starzycka.
1909 Naissance de son frère Zygmunt.
1916
Les parents envoient Jerzy faire ses études à Moscou au Collège du Comité Polonais; il loge dans une chambre en ville.
1917 Après la Révolution de février, à la fin de l'année scolaire, il rentre à Minsk. Il étudie alors au collège de Polska Macierz Szkolna (Organisation patriotique des Ecoles polonaises).
1918  La famille déménage probablement en été, à Varsovie. Jerzy poursuit sa scolarité au Collège-Lycée Jan Zamoyski.
1920  S'engage à 14 ans, dans l'Armée Polonaise pendant la guerre polono-russe en tant que volontaire, et sert de télégraphiste à l'Etat major du Premier district militaire de Varsovie.
1922  Naissance de son jeune frère Henryk.
1924 S'inscrit à la faculté de droit de l'Université de Varsovie. Il terminera ses études en 1929. A l'université il participe activement à la corporation étudiante Patria et au mouvement inter-corporatif.
1926 Lors du coup d'état du maréchal Piłsudski, en tant que membre de Patria, il prend d'abord le parti du gouvernement, puis change d'avis.
1928 Adhère à l'organisation Myśl Mocarstwowa (Pensée impériale) et devient rédacteur en chef du journal Dzień Akademicki (Jour Universitaire), supplément du journal Dzień Polski (Jour de Pologne). Travaille au service de presse du Conseil des Ministres.
1929 Commence des études d'histoire à l'Université de Varsovie.
1930 Obtient le poste de secrétaire du ministre de l'agriculture Leon Janta-Połczyński. Dirige la rédaction du premier numéro du trimestriel Wschód (L'Est).
1931 Epouse Tatiana Schvetzoff et emménage avec elle dans un appartement de la rue Brzozowa.
Devient rédacteur en chef du supplément du journal Dzień Polski (Jour de Pologne) dont la nouvelle formule s'appellera Bunt Młodych (La Révolte des jeunes).
1932 En  automne de cette année Giedroyc s'émancipe de son journal Bunt Młodych (La Révolte des jeunes), et de l'organisation Myśl Mocarstwowa (Pensée Impériale).
1933  Entre au Conseil Suprême de l'Union des Organisations Politiques Conservatrices, comme représentant du Parti de la Droite Nationale, dirigé par Janusz Radziwiłł. Bunt Młodych devient indépendant et bihebdomadaire.
1934 Roger Raczyński, vice-ministre, est le nouveau supérieur hiérarchique de Jerzy Giedroyc au Ministère de l'Agriculture.
1935 En fin d'année, Giedroyc démissionne du Ministère de l'Agriculture.
1936 Prend son nouveau poste au Ministère de l'Industrie et du Commerce.
1937 Bunt Młodych (La Révolte des Jeunes) change de formule et prend le nom de Polityka (La Politique).
1938 Polityka publie sa Déclaration de principes intitulée "L'Idée impériale polonaise". 
1939 Nommé chef de département au Ministère de L'Industrie et du Commerce. Se rend à l'Exposition Universelle de New York sur le transatlantique MS Batory. Polityka devient hebdomadaire.
5 septembre: Giedroyc est évacué de Varsovie. Durant l'évacuation vers la frontière roumaine, il rédige le bulletin Ostatnie Telegramy (Derniers Télégrammes).
18 septembre: Traverse la frontière avec la Roumanie. Son frère Henryk et sa femme Tatiana l'accompagnent.
24 septembre: A Bucarest, est nommé secrétaire particulier de l'ambassadeur Roger Raczyński.
1940 Rencontre avec un envoyé spécial de l'Abwehr. Accusé de corruption, dans "L'affaire pénale Jerzy Giedroyc et ses camarades", puis innocenté.
4 novembre: Evacuation de l'ambassade de Pologne; Giedroyc reste à Bucarest où il dirige le Bureau polonais de l'ambassade du Chili.
1941  Est évacué à Istanbul avec l'aide de diplomates anglais.
12 avril: Arrivée à Jaffa en Palestine. Jerzy et son frère Henryk rejoignent la Brigade indépendante de chasseurs des Carpates; ils sont affectés au service des transports.
26 août: Se trouve à Tobrouk ville libyenne assiégée, où il dirige un magasin-cantine mis en place par la NAAFI (Navy Army air Force Institutes).
Participe à la rédaction du journal du service des transports de la Brigade indépendante de chasseurs des Carpates: Przy kierownicy w Tobruku (Au volant à Tobrouk).
1942 Stationne à Gazala, en Cyrénaïque, et à Alexandrie. Il est envoyé à Mossoul, en Irak.
1943 Suite à sa rencontre avec  Joseph Czapski, il se retrouve dans l'entourage du général Anders et travaille désormais au Service d'information et d'éducation de l'Armée Polonaise de l'Est. Devient chef du département de la Presse et des Editions militaires. Réforme le journal Orzeł Biały (Aigle blanc) et édite Dziennik Żołnierza APW (Journal du Soldat de l' Armée Polonaise de l'Est). Fait la connaissance de Zofia Hertz et de Juliusz Mieroszewski (ses futurs proches collaborateurs à Kultura). Est nommé officier de la propagande.
1944 Jerzy Giedroyc débarque à Tarente, en Italie, où il combat à présent dans le 2ème Corps de l'Armée polonaise. Il passe 15 jours en prison pour avoir publié dans le journal Orzeł Biały (Aigle Blanc), un article Libia a Cassino (La Libye et le Mont Cassin) dans lequel il ose comparer les deux batailles. Démission du poste de Chef du Département de la Presse et des Editions militaires.
1945 Devient officier chargé d'éducation au Centre de formation des blindés à Gallipoli. Part à Londres sur ordre du général Anders.
1946  Fondation à Rome de l'Institut Littéraire par le Chef de l'Etat major de l'armée polonaise, en accord avec le gouvernement polonais à Londres. Jerzy Giedroyc nommé directeur de l'Institut par le général Anders.
1947 À Rome, parait le premier numéro de la revue Kultura sous la rédaction de Jerzy Giedroyc et de Gustaw Herling-Grudziński. L'Institut Littéraire déménage en France.
1948  Démobilisation de Jerzy Giedroyc et ses collaborateurs de l'Institut Littéraire, jusqu'alors militaires.
1950 Diffusion de Kultura interdite en Pologne.
1951 Czesław Miłosz, alors diplomate communiste, "choisit la liberté". Pendant plus d'un an, il habite dans la maison de Kultura.
Henryk Giedroyc rejoint l'équipe de Kultura.
1954 Appel à contribution lancé auprès des lecteurs pour aider l'Institut Littéraire à acheter son nouveau siège. L'Institut emménage dans une maison au 91, avenue de Poissy, à la frontière entre Maisons Laffitte et Le Mesnil-le-Roi.
1961 Jerzy Giedroyc voyage aux Etats-Unis.
1962 Parution du premier numéro de Cahiers Historiques; entre 1962 et l'an 2000, année de sa mort, Jerzy Giedroyc aura édité 133 numéros de cette revue.
1966 Henryk Giedroyc, le jeune frère de Jerzy, épouse Leda Pasquali.
1969 Witold Gombrowicz meurt à Vence. Deux mois plus tard, à Berne, meurt Jerzy Stempowski.
1973 Mort de Zygmunt Giedroyc, l'autre frère de Jerzy resté en Pologne.
1974 Jerzy Giedroyc rencontre Alexandre Soljenitsyne à Zurich et obtient son accord pour "L'Archipel du Goulag".  
J. Giedroyc, J. Czapski et G. Herling-Grudziński entrent au comité de rédaction de la revue de l'émigration russe Kontinient (Continent), fondée par l’écrivain Vladimir Maximov.
1975 Entretien de Jerzy Giedroyc avec la rédaction de la revue polonaise de Londres "Aneks", entretien qui, selon sa volonté, ne sera publié qu'en 1986.
1976 Juliusz Mieroszewski, le plus proche collaborateur du Rédacteur, meurt à Londres.
1977 Giedroyc publie la "Déclaration sur la question ukrainienne", cosignée, à son initiative, par des émigrés polonais, tchèques, russes et hongrois.
1979  Mort de Zygmunt Hertz.
1980 L'hebdomadaire "Le Point" publie un entretien avec Jerzy Giedroyc sur "les événements du mois d'août" de cette année-là en Pologne, qui ont conduit à la création de "Solidarność".
1985 Dans le numéro 459 de Kultura, Jerzy Giedroyc déclare : /.../ "je n'ai jamais cherché et je ne cherche pas de successeur ni de remplaçant; malgré mon âge avancé je n'ai pas l'intention de mourir tout de suite, car je crois avoir encore beaucoup de choses à faire".
1986 Le 8 octobre, dans l'hebdomadaire clandestin de Varsovie, Tygodnik Mazowsze (Hebdomadaire de Mazovie), parait un entretien avec Jerzy Giedroyc, à l'occasion du 40ème anniversaire de l'Institut Littéraire.  
1988  Rencontre avec Lech Wałęsa au "Centre du Dialogue", lieu culturel dirigé par  les frères marianistes polonais à Paris.
1989 Giedroyc reçoit le prix de la section polonaise du PEN club pour "contributions exceptionnelles apportées à la littérature polonaise".
1990 Il refuse le diplôme du mérite pour la promotion de la culture polonaise à l'étranger.
1991 A la Bibliothèque polonaise de Paris, Jerzy Giedroyc reçoit de l'Université Jagellonne de Cracovie, son premier titre de Docteur Honoris causa.
1994 Le Rédacteur refuse "L'Ordre de l'Aigle blanc", la plus haute distinction polonaise.
1995 Jerzy Giedroyc participe à la promotion du livre Autobiografia na cztery ręce (Autobiographie à quatre mains), co-écrite avec Krzysztof Pomian. Sa correspondance avec Constantin Jeleński est publiée dans la collection "Archives Kultura".
1996 Le président de la République de Pologne A. Kwaśniewski lui rend visite.
Jerzy Giedroyc est décoré de la Croix d'officier de la Légion d’honneur.
1997 Giedroyc reçoit des mains d'Algierdas Brazauskas, président de la République de Lituanie, le titre de citoyen d'honneur de ce pays.
Publication de sa correspondance avec l'écrivain Andrzej Bobkowski.
1998 Le Président d'Ukraine, Leonid Koutchma, le décore de l'Ordre national du Mérite de troisième degré. La Lituanie lui attribue l'Ordre de Gediminas. Publication de sa correspondance avec Jerzy Stempowski.
1999 Publication de la correspondance avec Juliusz Mieroszewski.
2000 Le Rédacteur répond aux questions d'internautes polonais  durant un chat sur le portail Onet. Le 14 septembre Jerzy Giedroyc meurt à Maisons-Laffitte à l'âge de 94 ans. Il est enterré au cimetière du Mesnil-le-Roi.
En novembre de l'an 2000, parait le dernier numéro de Kultura (10/637).

Jerzy Giedroyc
Apel do uczestników konferencji polsko-ukraińskiej

27 kwietnia 1990 r.

Dzisiejszy Zjazd prawdziwych reprezentantów społeczeństwa ukraińskiego i polskiego jest milowym krokiem w realizacji wizji Juliusza Mieroszewskiego o ULB, ale to jest dopiero początek trudnej drogi do uzyskania przez nasze narody pełnej suwerenności i niepodległości. Przede wszystkim trzeba zacząć od zasadniczych stwierdzeń:
1) obecne nasze granice są ustalone definitywnie;
2) niezależna Ukraina leży w interesie Polski i dlatego trzeba zapomnieć, względnie odłożyć na dalszą przyszłość – do chwili, kiedy nasze narody i państwa okrzepną – wszystkie koncepcje konfederacyjne;
3) Ukraina należy do kręgu kultury zachodniej, więc już dziś należy dążyć, aby w Narodach Zjednoczonych przedstawicielstwo Ukrainy reprezentowało interesy ukraińskie i nie było jedynie przybudówką Związku Sowieckiego; komunistyczna partia ukraińska – wzorem krajów bałtyckich – powinna wystąpić z KPZS, zaś Ukraina – tak zresztą jak i Polska – powinny wystąpić z RWPG; należy się domagać, by audycje ukraińskie zostały wydzielone z Radia Liberty i włączone do Radia Wolna Europa.
Polska jest w tej szczęśliwej sytuacji, że w pewnym sensie może być w wielu dziedzinach Piemontem ukraińskim, co będzie tym łatwiejsze, że w Polsce jest dość duża mniejszość ukraińska. Powinno się zatem wprowadzić w Polskim Radiu i Telewizji religijne programy prawosławne i grekokatolickie; należy umocnić i rozbudować katedry ukrainistyki na uniwersytetach polskich; rozbudować szkolnictwo ukraińskie i współpracę kulturalną. Jest niedopuszczalne, że po śmierci Józefa Łobodowskiego nie ma dziś właściwie dobrych tłumaczy z ukraińskiego i na ukraiński. Powinno powstać w Polsce wydawnictwo ukraińskie nie mogące się ukazać na Ukrainie ze względów cenzuralnych.
Trzeba również już dziś myśleć długofalowo, by w przyszłości nie zostać zaskoczonym i wykształcić kadry specjalistów, którzy by opracowali, jak mają wyglądać, np. współpraca gospodarcza i kulturalna; autonomia kulturalna i religijna Polaków na Ukrainie; ochrona zabytków, które przecież wchodzą w skład naszej wspólnej historii; studia i publikacje w zakresie historii najnowszej stosunków polsko-ukraińskich. Jest to historia krwawa, ale przede wszystkim zakłamana, która jest tylko pożywką dla nastrojów szowinistycznych obu stron. Jedyną drogą do znormalizowania naszych stosunków jest powiedzenie sobie całej prawdy – do końca.
Problemów jest więc bez liku i wymieniłem je niewątpliwie częściowo. Robię to jednak celowo, gdyż jest rzeczą ważną, by Zjazd Panów nie okazał się jedynie manifestacją i rejestrem dobrych chęci, ale by Panowie postarali się położyć podwaliny dalszej konkretnej współpracy.
I jeszcze jedna sprawa: niepodległość Litwy. Jesteśmy świadkami jak ten naród został przez Zachód cynicznie sprzedany Gorbaczowowi. Jest to nowe Monachium i kontynuacja polityki Roosevelta. Litwa szuka u nas pomocy – stąd apele do Lwowa i do Polski. Jestem przekonany, że zrobicie wszystko, by im pomóc i by do tej pomocy wciągnąć wszystkie postępowe koła rosyjskie, które na szczęście narastają. Walczymy bowiem z komunizmem i imperializmem sowieckim, a nie z narodem rosyjskim.

„Kultura” 6/513, 1990 r.

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